Accessibilité numérique : vos obligations pour votre app et votre site en 2026

Publié le juin 25, 2026

Pendant vingt ans, l’accessibilité numérique a été une obligation sans contrôle, cantonnée au secteur public et aux très grandes entreprises. Ce temps est terminé. Depuis le 28 juin 2025, l’European Accessibility Act étend l’obligation à la majorité des entreprises privées qui vendent des services numériques aux particuliers, les premiers contrôles de la DGCCRF ont démarré en janvier 2026, et les sanctions peuvent atteindre 50 000 € par service non conforme. Pourtant, beaucoup de dirigeants ignorent encore qu’ils sont concernés.

Chez Playmoweb, nous concevons des applications mobiles et web depuis plus de 12 ans, et l’accessibilité fait partie des exigences que nous intégrons dès la conception. Après nos décryptages du Data Act et du Cyber Resilience Act, voici le même exercice pour l’accessibilité : qui est concerné, ce qu’il faut faire concrètement, et dans quel ordre.

⏱ L’essentiel en 30 secondes

  • L’European Accessibility Act étend l’obligation d’accessibilité à la plupart des entreprises B2C depuis le 28 juin 2025
  • Sites ET applications mobiles concernés dès 10 salariés ou 2 M€ de chiffre d’affaires
  • Sanctions jusqu’à 50 000 € par service non conforme, contrôles DGCCRF et Arcom en cours
Contrôles en cours depuis janvier 2026

Sommaire

  1. Ce qui a changé depuis juin 2025
  2. Êtes-vous concerné ?
  3. Ce que dit concrètement le référentiel
  4. Vos applications mobiles sont aussi concernées
  5. Les sanctions et les contrôles en 2026
  6. Les pièges qui coûtent cher
  7. Votre plan de mise en conformité
  8. En résumé : votre check-list accessibilité

Ce qui a changé depuis juin 2025

L’obligation d’accessibilité existe en France depuis la loi du 11 février 2005, mais elle ne visait que le secteur public puis, à partir de 2016, les entreprises dépassant 250 millions d’euros de chiffre d’affaires. L’European Accessibility Act (directive européenne 2019/882), transposé en droit français et applicable depuis le 28 juin 2025, change l’échelle : il étend l’obligation au secteur privé bien au-delà des géants.

La deuxième nouveauté, c’est le contrôle. Là où la loi de 2005 restait largement théorique, le dispositif actuel désigne des autorités de surveillance (DGCCRF pour le e-commerce, Arcom pour les obligations déclaratives, ACPR pour la banque, Arcep pour les télécoms), organise des campagnes de contrôle et publie les mises en demeure. Des enseignes grand public ont déjà été épinglées publiquement, y compris pour leur application mobile.

Êtes-vous concerné ?

L’EAA s’applique aux entreprises qui fournissent des services numériques aux consommateurs dans les secteurs visés : commerce en ligne, services bancaires, transport, télécommunications, livres numériques, médias audiovisuels. La règle de périmètre est simple :

  • Vous êtes exempté uniquement si vous êtes une microentreprise : moins de 10 salariés ET moins de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires. Il faut être sous les deux seuils à la fois
  • Vous êtes concerné dès que vous dépassez l’un des deux seuils et que vous vendez un service numérique à des particuliers, un site e-commerce en tête
  • Les entreprises de plus de 250 millions d’euros de chiffre d’affaires restent en plus soumises aux obligations déclaratives historiques contrôlées par l’Arcom

Le point qui surprend le plus les dirigeants : un site vitrine pur B2B n’est pas dans le périmètre de l’EAA, mais dès qu’un parcours de vente ou de réservation en ligne s’adresse à des particuliers, l’obligation s’applique.

Ce que dit concrètement le référentiel

En France, la conformité se démontre avec le RGAA 4.1 (Référentiel Général d’Amélioration de l’Accessibilité), qui traduit les standards internationaux WCAG 2.1 niveau AA en 106 critères vérifiables. Derrière ce chiffre, des exigences très concrètes :

PrincipeExemples de critères
PerceptibleAlternatives textuelles des images, contrastes suffisants, sous-titres des vidéos
UtilisableNavigation complète au clavier, cibles tactiles assez grandes, pas de piège au focus
CompréhensibleLangage clair, formulaires avec étiquettes et messages d’erreur explicites
RobusteCode sémantique compatible avec les lecteurs d’écran et technologies d’assistance

Trois livrables documentaires accompagnent la conformité technique : un audit RGAA, une déclaration d’accessibilité publiée sur le site (avec la mention de conformité visible sur chaque page), et un schéma pluriannuel avec plan d’action. Publier une déclaration sans audit réel est un piège : en cas de contrôle, l’écart entre le déclaré et le constaté aggrave la situation.

À noter pour la suite : la DINUM prépare le RGAA 5, annoncé pour fin 2026, qui intégrera les WCAG 2.2 et couvrira explicitement les applications mobiles. Viser le RGAA 4.1 aujourd’hui reste la bonne base, tout est capitalisable.

Vos applications mobiles sont aussi concernées

C’est l’angle mort le plus fréquent. Les obligations ne visent pas que les sites web : les applications mobiles de services aux consommateurs entrent dans le périmètre, et les premières mises en demeure publiques l’ont confirmé en visant précisément des applications.

Techniquement, l’accessibilité mobile repose sur les mêmes principes que le web, avec ses spécificités : compatibilité avec VoiceOver (iOS) et TalkBack (Android), tailles de texte dynamiques, contrastes, zones tactiles, ordres de lecture. La bonne nouvelle : les frameworks modernes, dont Compose Multiplatform que nous utilisons en Kotlin Multiplatform, embarquent nativement les mécanismes d’accessibilité. Encore faut-il les exploiter dès la conception plutôt que de retrofitter une application terminée.

Les sanctions et les contrôles en 2026

Le régime de sanctions est désormais concret et chiffré :

  • Jusqu’à 50 000 € d’amende par service non conforme, renouvelable si le manquement persiste après un délai de mise en conformité
  • 25 000 € pour les manquements déclaratifs (déclaration d’accessibilité absente ou mensongère), l’infraction la plus fréquemment relevée et la plus simple à éviter
  • Des astreintes journalières possibles, des mises en demeure publiques, et un risque d’action de groupe par les associations

Les contrôles sont lancés : la DGCCRF a annoncé les premiers contrôles e-commerce pour janvier 2026, l’Arcom a communiqué sur un programme de l’ordre de 2 000 contrôles par an, alimenté aussi par les signalements d’usagers. La probabilité d’un contrôle n’est plus négligeable, surtout pour les services à forte audience.

Les pièges qui coûtent cher

  • Croire que ça ne concerne que les grands groupes. Le seuil est à 10 salariés ou 2 millions de chiffre d’affaires : la plupart des PME avec un e-commerce sont dans le périmètre.
  • Oublier l’application mobile. Site conforme, app ignorée : c’est le schéma exact des premières mises en demeure publiques.
  • Publier une déclaration de complaisance. Une déclaration « partiellement conforme » sans audit réel derrière se retourne contre vous au premier contrôle.
  • Acheter une surcouche miracle. Les widgets d’accessibilité qui promettent la conformité en un script ne corrigent pas le code et ne valident pas les 106 critères. Les autorités et les associations le savent.
  • Traiter le sujet en une fois puis l’oublier. Chaque refonte, chaque nouvelle fonctionnalité peut réintroduire des non-conformités. L’accessibilité s’intègre au processus de développement, pas au calendrier des urgences.
  • Négliger le gain business. Environ 13 à 14 millions de personnes vivent avec un handicap en France. Un parcours accessible, c’est aussi un parcours plus lisible, plus rapide et mieux référencé pour tous vos clients.

Votre plan de mise en conformité

  1. Qualifiez votre exposition. Secteur concerné, seuils dépassés, services visés (site, app, tunnel de commande) : une demi-journée suffit pour savoir où vous en êtes
  2. Auditez l’existant. Un audit RGAA sur les parcours critiques (accueil, recherche, commande, compte) donne la mesure réelle de l’écart. Un audit design complète utilement le volet technique sur les contrastes, la lisibilité et les parcours
  3. Priorisez par impact. Corrigez d’abord les blocages complets (navigation clavier impossible, formulaires sans étiquettes), puis les critères de confort
  4. Publiez vos livrables. Déclaration d’accessibilité sincère, mention de conformité, schéma pluriannuel : c’est la partie la moins coûteuse et la plus contrôlée
  5. Intégrez l’accessibilité au flux de développement. Critères dans les maquettes, tests au fil des sprints, vérification à chaque release : c’est ainsi que la conformité tient dans le temps

En résumé : votre check-list accessibilité

  1. Est-ce que je vends un service numérique à des particuliers avec plus de 10 salariés ou 2 M€ de CA ?
  2. Ai-je un audit RGAA récent de mon site et de mon application ?
  3. Ma déclaration d’accessibilité est-elle publiée et sincère ?
  4. Mon application mobile est-elle utilisable avec VoiceOver et TalkBack ?
  5. Mes nouvelles fonctionnalités sont-elles vérifiées avant chaque mise en production ?

Vous voulez savoir où en est votre site ou votre application ? Parlons de votre conformité accessibilité lors d’un échange gratuit et sans engagement. 👉 Contactez-nous

Go to top of page